Le visage fouetté par le vent, les mains transies de froid tenant des rênes allemandes dont je ne sais pas me servir j'ai cette l'impression de n'être là que parce que je le doit. Qu'était-ce au début ? Une question de confiance et d'osmose. Oui, c'est cela ! J'étais censée me faire plaisir en progressant et voilà qu'aujourd'hui je suis blessée par ces échecs permanents. Découragée et harassée par la peur d'avoir mal.
L'échec ne m'inquiète plus. Ne pas faire bien non plus. Aujourd'hui c'est juste l'instinct de preservation qui prend le dessus, qui tient les rênes à ma place, qui fige mes jambes et qui me pétrifie.
Où sont passés ces moments d'extase que je vivais ? Pourquoi-est aujourd'hui toujours trop haut, toujours trop vite et trop dur. Les rares instants de courage qui me sont conférés ne me viennent jamais au bon moment et ma colère n'éclate plus lorsqu'il le faudrait.
En de pareil instant j'aimerais descendre, mécrouler sur le sol, ne plus me relever et comprendre quelle est la douleur qui me ronge. Le résultat est toujours le même ; je finirais par terre, battue par mes craintes.
Je n'abandonnerais pas, j'en suis sûre, mais j'en ai l'envie et c'est cela qui compte. Cela qui me fait douter de moi, d'elle et de l'avenir en général.